Edouard Philippe reconnaît l'existence d'un "mur de défiance" entre les Français et leurs représentants

Edouard Philippe reconnaît l'existence d'un "mur de défiance" entre les Français et leurs représentants

Le Premier ministre Edouard Philippe a reconnu mardi l'existence d'un "mur de défiance" entre les Français et leurs représentants, soulignant que cette défiance a prospéré sur des "échecs collectifs".

 

Le Premier ministre s'exprimait devant les députés pour leur présenter les enseignements du "grand débat national", lancé le 15 janvier dernier par le président Emmanuel Macron pour prendre la température des Français suite à la crise des "gilets jaunes".

Déjà lundi, il a affirmé, en présentant une synthèse du débat devant plus de 500 personnes, que le besoin de changement chez les Français "est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable", ajoutant que dans cette situation "hésiter serait pire qu'une erreur, ce serait une faute".

Devant les députés, il a expliqué la défiance entre les Français et leurs représentants a prospéré sur des "échecs collectifs", citant en exemple le "chômage de masse", "le blocage de l’ascenseur social" et des "maladresses et des malentendus".

Revenant sur la crise des "gilets jaunes", le PM français a souligné que le mouvement, qui s'est ébranlé depuis le 17 novembre dernier, est né d’un "malaise profond de beaucoup" de Français qui manifestent "un besoin de considération et de reconnaissance, une volonté d’être associé à la décision au lieu de la subir".

Il a annoncé que le président Macron va prendre des décisions immédiates qui seront "puissantes et concrètes" et ouvrir des "grands chantiers" concernant des sujets qui "devront faire l’objet d’une concertation".

Pour apaiser la colère des Français, née du ras-le-bol fiscal et de l'érosion du pouvoir d'achat, le gouvernement avait pris en décembre un certain nombre de mesures sociales, d'une enveloppe de 10 milliards d'euros, mais il n'est pas arrivé à faire taire les revendications du mouvement des "gilets jaunes" qui, même si la mobilisation a quelque peu faibli, ne semble guère abdiquer.

Mercredi, Edouard Philippe ira chez les sénateurs, dernière étape de conclusion du "grand débat nationale" avant les premières annonces du président Macron qui sont attendues à la mi-avril.

Il en ressort de ce débat, qui a pris fin il y a quelques semaines, et auquel plus de 1,5 million de personnes y ont participé directement et 10.000 réunions locales ont été organisées, "une immense exaspération fiscale" de la part des Français que le gouvernement est appelé, selon Edouard Philippe, à "baisser plus vite les impôts".

Les Français qui se sont exprimés lors du débat ont également exigé une plus grande justice fiscale, appelant au rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) et au renforcement de la lutte contre la fraude fiscale.

Les Français veulent, entre autres revendications, une démocratie "plus représentative", plus transparente, plus efficace et une exemplarité encore renforcée", exigeant l'établissement du référendum d'initiative citoyenne (RIC), un modèle donnant au citoyen la possibilité d'élaborer une proposition de loi et de la soumettre aux suffrages, soit du Parlement, soit de la population par référendum.

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