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Liban : poursuite des manifestations sur fond de crise politique, économique et sociale
15 Jan 2020

Liban : poursuite des manifestations sur fond de crise politique, économique et sociale

Les manifestations au Liban se poursuivaient mercredi à travers le pays sur fond de crise socio-économique et de tension politique alors que la formation d'un nouveau gouvernement peine à prendre forme, au 90e jour d'un mouvement de contestation sans précédent.

 

Sous le slogan "la semaine de la colère", les manifestants qui réclament depuis le 17 octobre le départ de la classe dirigeante accusée de corruption et d'incompétence, ont coupé des axes routiers à l'aide de bennes d'ordures et de pneus brûlés, selon des chaînes de télévision locales.

Mardi soir, des policiers munis de matraques et de boucliers ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé les centaines de manifestants rassemblés devant la Banque centrale, les contraignant à reculer après que certains ont tenté d'entrer sur l'esplanade bouclée devant le bâtiment.

Les contestataires ont cassé des pavés pour les lancer sur les forces de l'ordre, certains manifestants distribuant des oignons pour se protéger des gaz, selon la même source.

Selon un message des Forces de sécurité intérieure (FSI) publié sur Twitter, des émeutiers tentant d'entrer au siège de la BDL ont agressé des agents des FSI, lancé des pierres et des engins pyrotechniques et détruit des biens publics dans la rue Hamra, blessant plusieurs brigadiers antiémeute, dont un officier".

"La semaine de la colère", qui s'est ouverte mardi, visant à lancer un ultimatum de 48 heures à la classe dirigeante pour former un gouvernement "crédible", a débuté en force dès l'aube avec plusieurs blocages de routes, dans un contexte de crise politique et économique aigüe.

Le pays peine à former un nouveau gouvernement depuis la démission fin octobre, sous la pression de la rue, de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, tandis que le Parlement n'a tenu aucune session depuis le début de la contestation.

Pour le président libanais Michel Aoun, le Liban est en train de vivre "la pire crise économique, financière et sociale" de son histoire, qui a conduit les Libanais "à descendre dans la rue pour exiger des solutions légitimes face aux difficultés de la vie et demander la fin de la corruption".   

"Les crises économiques dans le monde ont eu un impact négatif sur notre économie. Les guerres dans des pays voisins ont fermé des axes vitaux pour les produits d'exportation libanais, ce qui a eu un impact sur nos secteurs commerciaux, industriels et agricoles, sans oublier le flot d'un grand nombre de réfugiés syriens", a-t-il dit.  

                                     

L'ONU appelle à une "solution politique rapide"                                                      

 

Le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a appelé mercredi les dirigeants politiques au Liban à trouver une "solution politique rapide" à la crise qui sévit dans le pays depuis plusieurs mois.

"Les dirigeants politiques du Liban doivent partir. Allez-y et trouvez rapidement une solution politique et écoutez la voix du peuple", a-t-il indiqué, ajoutant que "la communauté internationale joue également un rôle par rapport au Liban, à travers un groupe de soutien international et organisations financières internationales pour tout faire en soutien au Liban et son peuple ".

Il a noté que "l'ONU est au courant des récents événements survenus au Liban qui affecté le système bancaire et retardé le paiement d'une partie du montant de cotisation à l'ONU, engendrant la suspension par l'organisation internationale du droit de vote du Liban à l'Assemblée générale.

Le ministère des Affaires étrangères libanais avait affirmé samedi "regretter" la décision, promettant de résoudre le problème "le plus rapidement possible".

La situation économique et financière, déjà largement précaire avant le début du mouvement de protestation, n'a eu de cesse de se dégrader ces dernières semaines, sur fond de restrictions draconiennes sur les retraits bancaires et d'une dévaluation d'environ 40% de la monnaie nationale sur le marché parallèle ayant provoqué un bond des prix.

Ces dernières semaines, les banques ont imposé des plafonds aux retraits. La Banque mondiale a averti en novembre que la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté. Le pays croule sous une dette avoisinant les 90 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB.

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission fin octobre du Premier ministre Saad Hariri, tandis qu'un nouveau cabinet peine à voir le jour depuis la désignation le 19 décembre du nouveau Premier ministre Hassan

Diab.

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