Yémen: le redéploiement des Houthis dans la région de Hodeida se déroule comme prévu

Yémen: le redéploiement des Houthis dans la région de Hodeida se déroule comme prévu

La première journée, samedi, de redéploiement du mouvement Ansarallah (Houthis) des trois ports de Hodeida, Salif et Ras Issa (ouest) s'est déroulée "conformément aux plans établis", a déclaré dimanche l'ONU.

 

"Les trois ports ont été surveillés simultanément par des équipes des Nations Unies, alors que les forces militaires quittaient les ports et que les gardes-côtes assumaient la responsabilité de la sécurité", a indiqué la mission onusienne dans un communiqué.

Ce retrait des éléments du mouvement armé des Houthis de trois ports de l'Ouest, cruciaux pour l'arrivée de l'aide humanitaire dans ce pays, a lieu alors que le gouvernement yéménite l'a qualifié dimanche de "manipulation".

Dans un tweet, le ministre yéménite de l'Information Mouammar al-Iryani a une nouvelle fois jeté le doute sur la réalité du désengagement des Houthis qui, selon ces derniers, avait déjà commencé samedi dans le port de Salif.

"Ce que les Houthis ont fait, c'est la répétition d'une pièce de théâtre sur le transfert du contrôle du port à des forces" qui leur sont favorables, a-t-il dit.

"Cela montre la poursuite d'une manipulation et une tentative d'éviter la mise en œuvre de l'accord" de désengagement des belligérants conclu sous l'égide de l'ONU en décembre dernier en Suède, a ajouté le ministre.

Le désengagement militaire des belligérants dans la région de Hodeida était prévu par l'accord inter-yéménite arraché en Suède.

Annoncé à plusieurs reprises par l'ONU, notamment en février et en avril, le retrait effectif des ports tardait à être mis en œuvre, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale, alors que des millions de Yéménites sont menacés par la famine.

L'essentiel des importations et de l'aide humanitaire est censé arriver via la ville portuaire de Hodeida qui a été la cible d'une offensive gouvernementale avant les pourparlers de paix en Suède fin 2018.

Le conflit au Yémen oppose depuis plus quatre ans des forces progouvernementales, appuyées militairement par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, aux Houthis qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa.

Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux-tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon les chiffres de l'ONU.

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