COVID-19: les pays africains se mobilisent et intensifient leurs efforts en vue d'endiguer la pandémie

COVID-19: les pays africains se mobilisent et intensifient leurs efforts en vue d'endiguer la pandémie

Les pays africains se mobilisent et intensifient leurs efforts pour assurer la sécurité en matière de santé publique et endiguer la propagation du coronavirus qui a fait plus de 9.000 décès dans le monde depuis son apparition en décembre.

 

Depuis le premier cas d'infection signalé sur le continent africain, un ressortissant étranger testé positif le 14 février en Egypte, une trentaine de pays y sont touchés à ce jour avec plus de 400 infections.

Les gouvernements africains ont chacun mis en place des mesures strictes telles que des restrictions de déplacement, la fermeture des établissements scolaires publics, voire même une quarantaine communautaire et un couvre-feu, afin de contenir la propagation de cette maladie.

Dans son discours à la nation mardi, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a annoncé, une série de décisions en vue d'endiguer la propagation du coronavirus, dont la fermeture de toutes les frontières terrestres avec les pays voisins et l'interdiction des rassemblements et des marches "quelles que soient leur forme et leur nature".

Il s'agit de "la fermeture de toutes les frontières terrestres avec les pays voisins avec éventualité d'autoriser des déplacements de personnes dans des cas exceptionnels, de commun accord avec les Gouvernements des pays concernés, la suspension immédiate de tous les vols de et vers l'Algérie, à l'exception des avions cargos ne transportant aucun voyageur et la fermeture immédiate de la navigation maritime, à l'exception des navires de charge transportant des marchandises et des biens", a souligné le Président Tebboune.

Il s'agit également de "la désinfection immédiate de tous les moyens de transport public aux niveau national et de wilaya, ainsi que les stations de transport de voyageurs, l'interdiction des rassemblements et des marches quelles que soient leur forme et leur nature et isolement de tout endroit suspecté d'être un foyer de la pandémie", outre "l'interdiction d'exportation de tout produit stratégique, soit-il médical ou alimentaire jusqu'à la fin de la crise, à l'effet de préserver les réserves stratégiques nationales".

L'Egypte a, de son côté, décidé de suspendre tous les vols en provenance de l'étranger à compter de ce jeudi midi jusqu'au 31 mars.

Au Cameroun, les établissements scolaires sont fermés depuis mercredi, les rassemblements de plus de 50 personnes interdits, tandis que les déplacements urbains et interurbains ne devront s'effectuer qu'en cas d'extrême nécessité.

"Il s'agit de mesures certes difficiles, mais nécessaires pour garantir la protection de tous et de chacun", a indiqué le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute, appelant ses compatriotes "à ne pas céder à la panique, mais à faire preuve de discipline, de solidarité, et de sens des responsabilités".

La Tunisie a imposé depuis mercredi un couvre-feu de 18h à 6h du matin sur tout le territoire jusqu'à nouvel ordre.

Selon un bilan établi par des médias, à partir de sources officielles jeudi à 11h00 GMT, au moins 9.020 personnes sont décédées des suites du nouveau coronavirus dans le monde depuis son apparition en décembre.

 

Le Continent a une riche expérience en matière de la lutte contre des maladies transmissibles

 

D'après un haut responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est encore "une fenêtre d'opportunité pour venir à bout de l'épidémie" sur le continent africain en respectant les mesures d'hygiène et de sensibilisation.

Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS en charge de la réponse aux urgences, a estimé que l'Afrique avait la capacité de maîtriser une épidémie naissante, tout en avertissant qu'en cas de transmission communautaire soutenue, "les systèmes de santé en Afrique (n'auront) pas la capacité pour tenir le coup".

Mary Stephen, chargée de la préparation aux urgences sanitaires du Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, a indiqué dans une interview à l'Agence Chine nouvelle, que le premier objectif des pays africains était de ne pas rater le premier cas lors de la détection, sinon une épidémie pourrait se produire.

La propagation de maladies transmissibles n'est pas une chose neuve dans le monde, particulièrement en Afrique où plusieurs virus virulents tels qu'Ebola peuvent tuer des milliers de personnes à chaque vague.

Mais de l'avis d'experts sanitaires, de riches expériences en matière de la lutte contre des maladies transmissibles constituent malgré tout un atout important des pays africains, malgré leurs capacités sanitaires relativement moindres.

La lutte contre le COVID-19 pourrait bénéficier de l'expérience acquise lors de l'épidémie d'Ebola, a ainsi fait remarquer Jean-Jacques Muyembe, coordinateur en charge de la lutte contre ce virus en République démocratique du Congo (RDC).

Lors de l'épidémie d'Ebola au Nigeria entre juillet et septembre 2014, le pays a retracé et surveillé 899 contacts et cas secondaires, dont seulement sept ont été confirmés avoir succombé au virus.

Ce pays emploie cette fois-ci le même modèle de recherche de contacts pour faire face au COVID-19, tout comme d'autres pays africains. Le soutien ferme des partenaires mondiaux les aide également à renforcer leur capacité de riposte au virus.

Avec l'aide de l'OMS, plus de 40 pays africains ont désormais la capacité de détecter des cas de nouveau coronavirus et d'effectuer une surveillance, assure Steven Shongwe, directeur par intérim du service des maladies non transmissibles au Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.

 

L'Afrique et la Chine, en étroite collaboration pour endiguer la pandémie

 

Comme en témoigne le passé, la Chine et l'Afrique se donnent toujours un coup de main quand l'un a besoin de l'autre, ont assuré des observateurs.

Les pays africains ont apporté une aide et un soutien précieux à la Chine depuis le début de l'épidémie, malgré leurs propres conditions limitées. Ceci est "une démonstration parfaite de la communauté de destin pour l'humanité", a remercié un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Il a déclaré que son pays était prêt à apporter son soutien dans les limites de ses capacités aux pays africains, en vue de les aider à renforcer leurs capacités de prévention et de contrôle de l'épidémie.

Le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies collabore étroitement avec le CDC Afrique, fournissant un soutien à ses collègues africains, a assuré Tajudeen Raji, directeur des instituts de recherche sur la santé publique du CDC Afrique.

"En termes de (...) réponse à cette épidémie, la Chine a une énorme expérience", a-t-il noté, ajoutant que les Africains comptaient sur ce pays d'Asie pour contenir la propagation et contrôler l'épidémie.

Parallèlement, le secteur privé chinois offre également son aide à l'Afrique. La Fondation Jack Ma et la Fondation Alibaba ont ainsi annoncé le don de fournitures médicales, dont des tests de dépistage, des masques et des vêtements de protection à l'ensemble des pays du continent.

Chacun d'eux recevra 20.000 kits, 100.000 masques et 1.000 combinaisons de protection et écrans faciaux à usage médical, ont promis ces deux fondations créées par le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du géant de la distribution électronique Alibaba.

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