Du bon usage des comprimés d’iode

Du bon usage des comprimés d’iode

Sur la côte ouest des Etats-Unis, les pharmacies vendant de l’iode stable sont prises d’assaut par les particuliers. Une démarche complètement inutile dans l’Hexagone, estiment les autorités sanitaires françaises.

• Quel rôle joue l’iode dans un accident nucléaire ?Un accident nucléaire libère une grande variété d’éléments radioactifs, dont l’un des principaux est l’iode-131. Ce produit constitue le principal danger de contamination à court terme. Il se volatilise à une température légèrement au-dessus de 100°C, sous forme de vapeur. Très mobile, il se propage rapidement dans l’atmosphère, se dépose sur le sol ou sur les végétaux, est capté par les racines, ingéré par l’animal et éventuellement consommé par l’homme. Contrepartie de sa grande radioactivité, l’iode-131 a une durée de vie très courte.

• A quoi servent les comprimés d’iode stable ?Volatile, l’iode-131 se fixe dans l’organisme humain au niveau de la glande thyroïde. Cette glande, située à la base du cou, produit des hormones qui régulent le métabolisme. En ingérant des comprimés d’iode stable, on empêche l’iode radioactif de se fixer dans la glande, protégeant ainsi contre les cancers de la thyroïde. Ce type de prévention est particulièrement efficace et nécessaire chez les enfants, chez qui l’hormone thyroïdienne joue un rôle fondamental dans la croissance et le développement.

• Comment se procurer de l’iode stable ?En France, les particuliers ne peuvent pas s’en procurer eux-mêmes à la pharmacie. Les comprimés d’iode stable sont produits par la pharmacie centrale des armées et distribués par l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). Chaque département reçoit un stock, que la préfecture gère en fonction des risques nucléaires sur son territoire. Les populations vivant dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires se voient remettre systématiquement des comprimés, qu’elles retirent auprès de pharmaciens agréés. Dans les départements limitrophes, les stocks de comprimés de la préfecture doivent être accessibles en moins de 12 heures. Dans les autres, en moins de 24 heures.

• Faut-il essayer de s’en procurer, «au cas où» ?Dans le cas d’un accident nucléaire majeur au Japon, les experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) estiment qu’en raison de la distance entre ce pays et la France métropolitaine (10.000 km), même si un panache de particules parvenait jusqu’à l’Hexagone, on ne constaterait qu’une très faible augmentation de l’activité radioactive ambiante. Ce qui ne justifierait pas la prise de comprimés d’iode. Des stocks de comprimés d’iode stable ont néanmoins été envoyés récemment en Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Saint-Pierre et Miquelon car ces territoires n’avaient aucunes réserves préalables, contrairement aux départements français. A Tokyo, où la population est sous un vrai risque d’accident nucléaire, l’ambassade de France a commencé à distribuer des pastilles d’iode aux Français se trouvant dans la région, «à titre préventif».

• Est-il utile de prendre de l’iode en prévention ?Les comprimés d’iode stable sont à prendre sur ordre des autorités, pas avant, car leur efficacité est maximale s’ils sont avalés deux heures avant le rejet d’iode radioactif. Ils restent efficaces pendant 24 heures. Il est donc inutile d’en prendre à titre préventif. Certains compléments alimentaires vendus en pharmacie contiennent de l’iode en très petite quantité. S’ils ne sont pas dangereux, car l’iode est un composé naturel présent notamment dans le sel, ils ne servent à rien dans le cas présent. Si une personne parvenait malgré tout à se procurer de l’iode et en prenait au-delà de la dose recommandée en cas de crise, elle risquerait d’avoir des diarrhées, vomissements ou de l’urticaire, voire de dérégler sa thyroïde.

Read 556 times Last modified on mercredi, 31 mai 2017 17:46

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