La méningite

La méningite

La méningite est une maladie caractérisée par une inflammation des méninges, les enveloppes du névraxe (encéphale et moelle spinale).

Cette inflammation peut être due à une infection par un virus ou une bactérie par exemple, et moins souvent par un médicament. La méningite peut menacer le pronostic vital en raison de la proximité immédiate des méninges et de l’encéphale ; il s’agit d’une urgence. C’est essentiellement le fait des méningites bactériennes, plus rares, tandis que les méningites virales, plus fréquentes, sont en principe bénignes.
Les signes habituels de la méningite sont la céphalée (mal de tête), la raideur de nuque, la fièvre, la confusion, le vomissement, la photophobie (intolérance à la lumière) et la phonophobie (intolérance au bruit). Chez les enfants, les symptômes sont souvent moins spécifiques, avec par exemple une irritabilité ou une somnolence. Une éruption cutanée peut faire évoquer une cause particulière selon son aspect ; c’est le cas pour la méningite à méningocoque par exemple.
Une ponction lombaire permet d’affirmer le diagnostic. Il s’agit d’insérer une aiguille dans le canal vertébral pour prélever du liquide cérébrospinal; c’est le liquide situé au sein des méninges, afin de l’examiner. Le traitement initial de la méningite aiguë peut comporter un ou plusieurs antibiotiques, parfois un antiviral. Une corticothérapie peut être associée afin de prévenir une réaction inflammatoire excessive. La méningite peut laisser des séquelles non négligeables telles qu’une surdité, une épilepsie, une hydrocéphalie, un trouble cognitif, surtout lorsque le traitement n’est pas administré suffisamment rapidement. Certaines formes de la maladie peuvent être prévenues avec la vaccination contre le méningocoque, Haemophilus influenzae type B, le pneumocoque ou le virus des oreillons par exemple

Signes cliniques

Chez l’adulte, le symptôme le plus fréquent au cours d’une méningite est la céphalée intense, présente dans 90 % des cas de méningite bactérienne, suivie par la raideur de nuque (flexion passive du cou impossible en raison d’un tonus musculaire augmenté). La triade clinique classique associe raideur de nuque, fièvre élevée et confusion ; elle est complète dans seulement 45 % des cas de méningite bactérienne. En l’absence de ces trois signes, le diagnostic de méningite est très improbable. D’autres signes sont souvent présents, tels que la photophobie ou la phonophobie. Le sujet âgé présente fréquemment une symptomatologie a minimal. Le petit enfant montre rarement les signes précédemment cités, et peut présenter seulement une irritabilité ou une impression de malaise. Il peut exister un bombement de la fontanelle avant 6 mois. D’autres signes peuvent orienter vers une méningite, comme des douleurs des membres inférieurs, des extrémités froides, une modification du teint. Chez l’adulte, la raideur de nuque est retrouvée dans 70 % des cas de méningites bactériennes. Il peut exister d’autres signes du syndrome méningé, les signes de Kernig et de Brudzinski. Le signe de Kernig est défini par une limitation douloureuse de l’extension passive des genoux lorsque le patient est allongé sur le dos, hanches et genoux fléchis à 90°. Le signe de Brudzinski est positif lorsque survient une flexion involontaire des hanches et des genoux lors de la flexion passive du cou en position allongée. Ces deux signes, souvent recherchés, ont une sensibilité limitée. Cependant, ils ont une très bonne spécificité. Il existe un autre test, la manœuvre d’accentuation par secousse (traduction littérale de l’anglais) qui consiste à effectuer un mouvement de rotation active et rapide du cou, dite positive si elle provoque l’augmentation de la céphalée ; lorsqu’elle est négative, la probabilité de méningite est diminuée. La méningite causée par le méningocoque peut se différencier des autres lorsque survient une éruption pétéchiale (petites taches pourpres non effaçables à la vitropression) d’extension rapide et pouvant précéder les autres signes. Cette éruption est localisée sur le tronc, les membres inférieurs, les conjonctives et parfois les mains. Bien que non systématique, elle est relativement spécifique de la maladie ; cependant elle est parfois présente au cours d’autres méningites bactériennes. Il y a d’autres signes pouvant orienter vers une cause particulière ; ainsi la présence d’un syndrome pieds-mains-bouche ou d’un herpès génital est associée avec plusieurs méningites virales.

Complications précoces

Gangrène partielle des membres supérieurs au cours d’une méningite à méningocoque chez un nourrisson.
Plusieurs complications graves peuvent survenir au cours de l’évolution précoce de la maladie. L’infection peut conduire à un sepsis avec syndrome de réponse inflammatoire systémique (tachycardie, fièvre, polypnée), une hypotension artérielle. Cette hypotension peut survenir rapidement, notamment en rapport avec une infection à méningocoque, et définissant un sepsis sévère voire une insuffisance circulatoire aiguë ou choc septique3. Ensuite peut survenir une coagulation intravasculaire disséminée qui peut à la fois gêner la circulation et favoriser une hémorragie. Une gangrène peut survenir au niveau des membres au cours d’une infection à méningocoque. Lorsque le méningocoque ou le pneumocoque sont en cause, une hémorragie des glandes surrénales peut conduire au syndrome de Waterhouse-Friderichsen, souvent fatal.
Une méningite peut induire un œdème cérébral qui peut engendrer une hypertension intracrânienne, voire un engagement cérébral. Ceci peut se traduire par une perte de conscience, une perte de réflexe pupillaire, ou une rigidité corporelle. Cette inflammation peut également gêner la circulation du liquide cérébrospinal et engendrer une hydrocéphalie. Une crise d’épilepsie peut survenir pour de multiples raisons, telles qu’une hypertension intracrânienne ou la présence d’une inflammation localisée. Chez l’enfant cependant, une méningite se traduit fréquemment (30 % des cas) par une crise d’épilepsie précoce sans impliquer de cause particulière. Une crise de caractère partiel, persistant, tardif ou difficile à contrôler par le traitement est péjoratif pour le pronostic à long terme. L’inflammation des méninges peut provoquer une anomalie des nerfs crâniens (nerfs essentiellement à destination de la face et du cou et impliqués par exemple dans le mouvement des yeux, la mimique ou l’audition). Des symptômes visuels et auditifs peuvent également persister à distance . D’autres complications comme une encéphalite (on parle alors de méningo-encéphalite), une vascularite ou une thrombose veineuse cérébrale peuvent survenir et se traduire par une sensation de faiblesse, des troubles sensitifs ou des mouvements anormaux

Causes

La méningite est classiquement causée par une infection, le plus souvent virale. Ensuite viennent les causes bactériennes, fongiques et protozoaires. D’autres causes non infectieuses peuvent provoquer une méningite. L’expression «méningite aseptique» est parfois utilisée dans ce type de cas, bien qu’elle puisse également désigner une méningite virale, ou une méningite bactérienne avec un examen du LCR négatif du fait soit d’un traitement antibiotique préalable, soit d’une présence bactérienne faible (cas de la méningite secondaire à une endocardite), soit d’une bactérie difficilement identifiable (comme dans le cas de la syphilis ou de la maladie de Lyme). La méningite peut être due au paludisme ou à l’amœbose.

Read 712 times Last modified on lundi, 29 mai 2017 17:05

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